GUY ROMBAUX
GUY ROMBAUX

QUELQUES LETTRES

UN JOUR J'IRAI...

Un jour j'irai en Océanie, chez les Walablief manger un cornet de frites à l'envers, sous la croix du sud, et j'ouvrirai un théâtre de poche, dans un kangourou. Ou alors un fritcoast, sur la côte... Je m'enverrai des boomerangs. Par Sobelair, avec un timbre oblitéré pour le retour, sur un air de didjeridoo, au borinage aborigène, ornithorynquement. Je rêve.

Guy Rombaux

LOYAL A MA MER

Or, j’aurai tiré la langue comme un brise-lame œcuménique. Aux mouettes et chants d’On. Brassé l’écume des morts subites et sans cesse ajournées... de gueule d’oyat en gueule d’oyat. Usé mes disques dorsaux, cervicaux, vinyles, sur une plage décédée. La veille, toujours, la veille. J’aurai toujours payé la taxe des cuisses, parfois même hors saison. J’aurai fait les cents pas à marée basse, à marée haute, sur la frontière naturelle du pays aplati, sans sourciller, qu’au grain de sable noir : Ohé du radeau ! Or, j’aurai roulé carabosse dans les brumes amères du Grand Nord de Belgique, à crédit, sur hypothèque. Galopé depuis le Zwinistère, crinière au ventre d’architecte des paysages abîmés, jusqu’aux lèvres de Gand, à peine cicatrisées. Comme Bruxelles, de table. J’aurai syncopé au rythme profond d’une symphonie de Rodenbach en sole mineure. Ma voix de tête aux pieds, vicinalement, sur la route, loyal à ma mer. Machinalement, belgement.

Et donc je rêve! En si.

 

Guy Rombaux

26 février 2013

Date de dernière mise à jour : 15/12/2020